Rachat de crédit surendettement : les pièges à éviter

octobre 8, 2018 2:56 Publié par Laissez vos commentaires




Le remboursement des crédits avec le rachat de crédit est une solution financière envisagée par de nombreux emprunteurs en situation de surendettement. Mais même si ce montage permet de dynamiser le budget fragilisé d’un emprunteur, il existe quelques pièges à éviter avant de s’engager dans ce contrat. Explications.

Avant de parler des points à tenir compte dans cette sortie d’endettement, commençons d’abord par l’explication de cette opération financière car il se peut qu’il soit encore mal compris. Le rachat de crédit ou regroupement de dettes est un refinancement qui permet de rassembler plusieurs crédits en un seul. Les banques et certaines sociétés de crédit proposent cette formule. Le contrat de rachat reprend les capitaux restants des autres crédits en cours. L’emprunteur aurait ainsi un seul interlocuteur et un contrat avec un taux unique. Cette solution lui permet de payer une seule mensualité dont le montant sera réajusté à sa capacité de remboursement. En contrepartie de cet allègement du montant de prélèvement chaque mois, la durée du remboursement du capital de ce regroupement de dettes sera plus longue. Le souscripteur au rachat peut regrouper plus de 2 crédits (crédit immo, conso, travaux, renouvelable, dettes sociales et fiscales, découverts bancaires etc.) et les réunir en un seul.
L’intérêt de ce montage financier, c’est qu’il permet d’apporter une bouffée d’oxygène au budget d’un foyer qui a du mal à faire face à ses charges et au remboursement de ses crédits. L’emprunteur peut également bénéficier d’une enveloppe de financement facultatif lors de la demande. Cette liquidité qui est susceptible de majorer le coût du crédit peut être affectée pour un projet ou non.
D’autre part, ce montage financier s’adresse également aux emprunteurs qui ont contracté des crédits à des taux peu compétitifs quelques années auparavant et qui souhaitent avoir un taux fixe plus abordable. Dans ce cas, le rachat permet non seulement de simplifier la gestion de leurs comptes personnels mais il peut leur apporter aussi une économie conséquente. Dans tous ces cas, la mensualité réduite devrait dynamiser l’épargne d’un emprunteur et augmenter sa capacité d’emprunt.
Voilà les bénéfices de cette sortie d’endettement. Mais il ne faut pas cacher qu’il existe des personnes qui font un deuxième ou N-ième regroupement de dettes. La faute en est au manque d’informations, à une mauvaise gestion ou à une propension à dépenser dans le cas d’un acheteur compulsif.

-Nous avons parlé des avantages de cette solution de refinancement, mais il convient de rappeler aussi ses points négatifs. Cela incite à la prudence avant la conclusion de ce contrat. Avec ce montage qui permet l’allongement de la durée du remboursement du crédit, les intérêts vont courir avec les années. Cela a pour effet d’augmenter le coût total du rachat. Et un paiement de dettes sur le long terme pourrait impacter gravement sur le finance d’un emprunteur en cas d’accidents de vie au fil des ans. Cela pourrait aussi déstabiliser sa finance si le terme du crédit dépasse son âge de la retraite parce que ses ressources vont diminuer en ces temps-là. En outre, les banques ont tendance à proposer un taux plus élevé pour le remboursement d’un crédit sur une durée longue.
-Pour éviter d’entrer dans ces pièges, il est conseillé de faire des simulations de son taux d’endettement et la comparaison des taux de rachat. Ces simulations aident à avoir une première idée des crédits qu’il faut regrouper pour baisser le taux d’endettement, du taux d’intérêt moyen, et de la durée idéale pour le remboursement. Mieux vaut choisir une durée moyenne avec une mensualité abordable qu’une longue durée avec une petite mensualité.
-En faisant des simulations, le candidat au rachat devrait aussi se méfier des rapports de certains établissements (taux d’endettement faussé, publicité trompeuse sur le taux d’intérêt proposé, mensonge sur le coût réel du crédit). C’est en effectuant plusieurs demandes de devis et demande d’informations que le candidat au rachat parvient à mieux comparer si une offre est plus intéressante qu’une autre. En guise de rappel, un contrat est avantageux si son TAEG est plus bas comparé à d’autres contrats. Celui-ci détermine le montant du nouveau prêt incluant le montant du capital restant dû des anciens crédits, le montant de pénalité de remboursement anticipé, les frais de dossiers, les frais d’assurance emprunteur, les garanties etc.
-Il faut se méfier aussi car certains courtiers proposent un coût total du crédit sans frais d’assurances et un taux nominal. D’autres intermédiaires peuvent également proposer une solution intéressante pour leur commission mais qui n’est pas adaptée au budget du ménage. Pour contourner ces pièges, il est nécessaire de bien comparer les devis et les TAEG proposés.
-La souscription à un regroupement de dettes à taux variable est aussi à proscrire. Même si l’établissement prêteur propose un taux du départ séduisant mais celui-ci est révisable, il est préférable de chercher une autre proposition. Car ce type de taux convient à un crédit sur une courte durée mais il peut mener à un nouveau désastre du budget de l’emprunteur sur le long terme.
– Il existe également des banques ou des cabinets de courtage qui imposent l’obligation de faire une domiciliation du compte ou d’ouvrir un compte épargne assurance-vie chez eux afin de bénéficier de cette solution. Or, une personne qui cherche un regroupement de dettes a déjà du mal à honorer les échéances de ses crédits. La constitution d’une épargne risque d’augmenter son taux d’endettement. De plus, l’ouverture d’un compte bancaire impose également des frais bancaires.
-Les banques proposent aussi un apport supplémentaire optionnel dans le cadre de ce refinancement. Si ce volant de trésorerie peut faciliter le remboursement du crédit (s’il est affecté à la réalisation d’un projet par exemple), il serait intéressant de s’endetter encore plus. Autrement, mieux vaut sécuriser son budget en limitant le montant total à rembourser.
-la comparaison des tarifs d’assurance emprunteur est également une étape à ne pas négliger. De préférence, le tarif le plus bas est à recommander mais se méfier cependant des exclusions et des garanties incluses. Les détails de celles-ci se trouvent dans les conditions générales de vente.
-Après ces étapes, lors de l’entretien avec un conseiller, le demandeur devrait noter les frais inhérents à ce contrat. Cela comprend les frais de dossier qui peuvent atteindre 5 à 6 % du montant dans certains cas, les frais de l’assurance, le montant de pénalité de remboursement anticipé, le montant des garanties (en cas de rachat de crédit hypothécaire). Ces données se trouvent dans le document d’information proposé avant l’offre définitive. Et s’il a fait appel à un courtier, il aurait à demander les honoraires de cet intermédiaire avant de lui proposer son dossier. L’intermédiaire devrait lui donner également ledit document d’information. A noter que selon la loi Murcef, il lui est interdit de régler la commission d’un courtier avant le déblocage du financement.
-Après avoir comparé plusieurs devis et avoir déposé un dossier dans au moins 3 établissements, il aurait à prendre de recul avant de prendre une décision sur les propositions de ces sociétés. Ce temps du recul lui permet de faire une lecture attentive des documents d’information et des offres qu’il a reçus. Cela lui permet de découvrir les éventuels frais cachés. Il dispose ensuite de 10 jours après la réception de l’offre pour la signer et la retourner à la banque.




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